À travers la série GRIF au cœur de l’industrie, nous mettons en lumière des usages concrets de la suite logicielle GRIF et la manière dont elle s’intègre aux projets et aux pratiques métiers au sein de l’industrie. Utilisé dans l’ensemble des branches de TotalEnergies, GRIF accompagne des équipes aux activités très variées.
Dans cette deuxième édition, nous donnons la parole à trois utilisateurs de GRIF chez TotalEnergies, issus des branches Exploration & Production (EP), Gas, Renewables & Power (GRP) et Raffinerie Chimie (RC) :
François Beau
« J’ai commencé à être client et à obtenir des résultats de la part de l’équipe GRIF en 2012. À l’époque, j’étais impliqué sur un projet Oil & Gas au Congo et on a fait des études PAS avec Nicolas Clavé. L’objectif de ces études était de déterminer la disponibilité de production des installations.
Si on parle de GRIF Wind, sur l’Offshore Wind, j’ai été impliqué sur ce sujet-là avec Nicolas Clavé, Maider Estéchandy et Baptiste Bougoüin à partir de janvier 2024. Je n’étais pas dans l’équipe GRIF, mais j’étais le client avec lequel l’équipe a développé GRIF Wind. Je suis donc un peu à la genèse de cette affaire. »
GRIF Wind est un module de la suite logicielle qui permet de calculer la disponibilité de production des parcs éoliens offshore, en s’appuyant sur les méthodologies des réseaux de Petri et des diagrammes de blocs de fiabilité, et est conçu pour modéliser de manière robuste l’exploitation et la maintenance, les contraintes opérationnelles ainsi que les performances des actifs.
Azul Guzman
« Depuis 2015. »
Denis Voorspoels
« J’utilise le module SIL de GRIF depuis environ 5 ans. »
François Beau
« Nous travaillons uniquement avec GRIF Wind pour des études de disponibilité de production. On cherche une chose : estimer la disponibilité de nos fermes par des modélisations les plus réalistes possibles. Cette disponibilité est essentielle pour déterminer nos espérances de production.
À partir de ces études, il y a aussi un certain nombre de données qui nous intéressent. Cela nous permet de définir un modèle opératoire et d’obtenir des données, par exemple des nombres d’heures d’utilisation de bateaux et des nombres d’heures de vol d’hélicoptère… Il y a tout un ensemble de données qui découlent du modèle et qui nous sont ensuite utiles pour estimer les OPEX, les opérations, etc.
L’objectif principal reste de calculer une disponibilité et de définir le meilleur scénario pour l’optimiser. »
Azul Guzman
« Principalement Tree. Je suis en charge des vérifications SIL, c’est donc mon outil principal. En général, j’utilise directement le module Bool, qui me permet de jouer avec les différents modules du package booléen.
J’utilise aussi Risk (mais moins fréquemment) pour l’attribution du SIL ; je m’en sers surtout pour accompagner l’ingénieur en charge de cette étape. »
Denis Voorspoels
« J’utilise GRIF pour réaliser des calculs SIL afin de déterminer le niveau SIL requis à partir des études HAZOP.
Les types de systèmes concernés sont des réacteurs de polyéthylène avec leurs unités de recyclage. »
François Beau
« L’intérêt de GRIF, et je précise GRIF Wind même si c’est vrai aussi pour les études PAS en Oil & Gas, c’est à la fois de calculer une disponibilité, mais surtout de pouvoir l’optimiser.
Si on ne fait que calculer, c’est un peu stérile. Le but, c’est d’optimiser. En Oil & Gas comme en éolien, on peut jouer sur différents facteurs pour optimiser cette disponibilité : design, ou le modèle opératoire (nombre de techniciens, pièces de rechange…). Et la disponibilité, c’est directement de l’argent derrière, puisque c’est du temps de production et moins d’arrêts techniques. Dans l’éolien, on cherche particulièrement à maximiser la disponibilité des fermes car il n’y a pratiquement pas de redondance.
Ce que permet GRIF, grâce à la précision des modèles, c’est d’optimiser les schémas logistiques et opérationnels, qui permettent ensuite de définir la stratégie d’opération et de maintenance. Par exemple, on compare différents scénarios logistiques. On peut se poser la question : est-ce que je mets deux bateaux de type SOV (comprenant un quartier vie et un système de passerelle avec compensation de houle), ou bien un seul SOV avec un plus petit bateau en complément et un hélicoptère ? On compare les scénarios, on calcule la disponibilité dans chaque cas, et on peut voir quel modèle est le plus efficace pour la disponibilité. Ensuite, les modèles peuvent avoir des coûts différents, donc on regarde aussi cet aspect pour choisir le cas optimal. C’est ça l’intérêt principal de GRIF Wind.
C’est un outil indispensable pour notre business offshore wind. En offshore en particulier, les problématiques logistiques sont essentielles et très coûteuses. Les bateaux et les hélicoptères coûtent très cher, donc il est exclu d’en mettre trop ou pas assez : il faut trouver le bon compromis. Si on en met trop, cela coûte trop cher et nuit à la rentabilité du projet. Si on n’en met pas assez, on ne produit pas autant qu’on pourrait, donc on ne gagne pas tous les revenus possibles.
C’est vraiment une question clé pour réaliser les projets éoliens. GRIF permet de trouver ce bon compromis. »
Azul Guzman
« Principalement des informations sur l’architecture des SIF (fonctions instrumentées de sécurité), ainsi que sur la période de test, qui peut être différente de celle prévue dans la conception initiale.
L’analyse de la nécessité de réaliser des Partial Stroke Tests sur certains SIF constitue également un résultat important des études. »
L’exemple ci-dessous illustre concrètement ce type d’étude, à travers un cas réel mené sur le projet Fenix.
Une étude de fiabilité a été réalisée dans le cadre du projet Fenix afin d’évaluer si, en cas de sealine dédiée entre la plateforme Fenix et l’onshore, le niveau de sécurité requis (SIL 3 permanent) était atteint.
L’étude a permis de confirmer que le SIL 3 permanent était bien respecté, sur la base de la logique de la fonction instrumentée de sécurité analysée.